solène moscato

le cv.

À la recherche d'une nouvelle aventure...

Dire non

C’est quand j’ai dit « non » pour la première fois, que j’ai appris à vivre.

Vous vous souvenez de votre premier stage, votre premier emploi, où effectuer ce que l’on vous demandait était naturel ?

Je m’en souviens très bien, moi. Vous savez pourquoi ? Parce que j’ai continué à le faire. Que ce soit dans mes stages suivants ou mes emplois, j’ai toujours tout accepté.

Je me souviens encore de la fois où, à 18h, mon collègue m’a demandé la création d’un support de présentation pour le lendemain. Devinez. J’ai accepté, évidemment. Il n’avait aucun pouvoir hiérarchique sur moi, je ne lui devais rien. Et même. Même s’il avait ce pouvoir, refuser n’aurait pas fait de moi la mauvaise employée du mois ! Si ?

Je suis rentrée à près de 23h, ce soir-là. Je n’ai pas vu mon fils de trois ans. A vrai dire, je le vois de moins en moins. Tout comme mon conjoint. Tout comme le reste de ma famille et mes amis. En fait, en voulant bien faire, au travail, je m’occupe mal de ma vie personnelle. En embrassant mon fils, il s’est réveillé. Il m’a regardé, m’a souri. Quelle merveilleuse chose j’ai faite là. Et, dans mon esprit, je me suis fait la réflexion atroce : de quoi se souviendra-t-il ? D’une mère absente ? Je suis sûre qu’il comprendra quand il sera grand. Mais, aujourd’hui, de quoi a-t-il
besoin ? Du salaire que je ramène chaque mois ? Ou de l’attention d’une mère ? Son sourire disparut un instant. Il murmura : « Tu me manques ». Et là, ce fut une claque. C’était fini. J’avais compris. Pourquoi n’y ai-je jamais songé avant ? Ce petit bout de trois ans me fit, réellement, prendre conscience de ce qui se tramait.

Le temps est précieux. L’argent ne me le rendra pas. Le travail ne me le rendra pas. La seule chose qui puisse compter est l’amour que m’apporte mes proches. 

A partir de ce moment, j’ai su dire « non », au bon moment.